Numérotation universelle

Nous avons tous connus les pertes de temps causées par la variété des paginations d’un texte publié dans différentes éditions, que ce soit pour retrouver une référence précise en tant que lecteur ou à l’occasion de la rédaction de travaux universitaires.

Il est pourtant des lecteurs plus chanceux, ceux de Platon ou d’Aristote, auteurs dont on peut citer les passages de manière universelle depuis l’édition d’Henri Etienne au XVIème siècle. Peu à peu des grands auteurs ont aussi leur propre édition critique, devenue de référence, dont on peut — et doit dans le cas d’un travail scientifique — citer la pagination, lesquelles sont reprises dans toutes les bonnes éditions.1

Ainsi, à cet exemple, il serait sans doute intelligent de définir une règle universelle de numérotation intralinéaire d’un texte, qui permette dès la première publication de s’assurer qu’une référence précise pourra être retrouvée quelle que soit les éditions futures de celui-ci.

Mais laquelle ?

Par défaut on pourrait imaginer de subdiviser le texte tous les 300 mots (dans la langue originale). Ce choix de 300 mots permet de ne pas saturer le texte de mentions de subdivisions toute en rendant le passage facilement trouvable. C’est à peu de choses prêt l’ordre de grandeur de l’édition Estienne.

L’avantage de cette numérotation universelle est aussi que le lecteur pourrait assez facilement savoir à quel endroit se trouve le passage puisqu’il saurait avec un rapide calcul à quel endroit du texte il se trouve en multipliant par 300. Connaissant sa taille grâce à la fiche d’identité, cela lui donnerait une information supplémentaire parfois utile, comme dans le cas d’une fiction ayant une intrigue suivie.

Dans d’autres cas (aphorismes, poésie, recueils de nouvelles courtes, etc.) on pourrait laisser l’articulation du texte décider de la numérotation. Cela laisserait tout de même une certaine latitude aux éditeurs pour assouplir la règle, pourvu que tous les éditeurs suivants la suivent.

Quoiqu’il en soit, il faudrait que les outils de rédaction prévoient la mise en place de cette numérotation basée sur le comptage des mots et ajoutent des balises |x| à l’intérieur du texte avant édition. Pourquoi pas non plus imaginer que les liseuses laissent au lecteur le choix d’afficher ou pas ces subdivisions. En cas de différentes versions d’un même texte, un essai de formalisme donne quelques pistes pour citer facilement le passage, tout en gardant au texte une possibilité d’évolution et de flexibilité, chose que l’édition numérique rend beaucoup plus facile qu’avec le papier.

  1. Reste à la communauté scientifique de se mettre d’accord sur une édition. Le cas de Descartes où l’édition d’Adam et Tannery fait concurrence à celle de Ferdinand Alquié. []

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